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DEVELOPPEMENT DU TOURISME D'OMIŠ À TRAVERS L'HISTOIRE

Omiš n'est pas une ville typique dalmate.

Le portail en pierre à travers lequel la petite rivière karstique se jette dans la mer, les forteresses inconquérables, résistant au temps depuis des siècles, le canyon majestueux, qui mène vers les îles d'amour et de bonheur…

C'est ainsi qu'un écrivain d'Omiš, Ivan Katušić, a résumé la situation géographique, géologique et historique d'Omiš. C'est précisément ce caractère atypique qui a fait figurer Omiš sur les pages de nombreux récits de voyages et œuvres graphiques, et plus tard aux guides touristiques et itinéraires.

Si dans le passé turbulent d’Omiš nous devions chercher la source des notions relativement jeunes de « tourisme » et de « touriste », nous ne devrions pas négliger Albert Fortis et son récit de voyage « Put po Dalmaciji » (« Voyages en Dalmatie »). Fortis savourait les poissons de l’embouchure de Cetina et le vin muscat délicieux. Il n’a pas oublié de mentionner l’hospitalité des habitants d’Omiš.  C’était en 1722 et il a visité d’autres localités dalmates, mais c’est pour Omiš qu’il a laissé le témoignage du respect de deux critères les plus importants du tourisme – l’hôte aimable et le visiteur satisfait.

Ses mots ont incité d’autres à découvrir la beauté des gorges abruptes, des canyons exorbitants et du hurlement étourdissant de la cascade de Gubavica. De nombreux charmes naturels attiraient l’aristocratie européenne fainéante et nourrie du romantisme à visiter la Dalmatie inconnue et exotique. C’est précisément Omiš qui était un arrêt incontournable pour certains d’eux.

En 1838 ce fut le roi Frédéric-Auguste II de Saxe qui, pendant son voyage en Dalmatie, a visité Omiš, dont les habitants l’ont majestueusement accueilli. En 1844, année de construction de la Villa Angiolina, ce qui est pris comme l’année du début du tourisme croate, Omiš fut visité par le fameux scientifique et exploreur britannique, sir John Gardner Wilkinson, qui voyageait en Dalmatie oubliée. Dans son fameux récit de voyage, „Dalmatia and Montenegro“ (1848), il met en valeur  la ville d’Omiš et Poljice.

Incitée sans doute par les écrits de Wilkinson, ce fut Emily Anne Beaufort, vicomtesse de Strangford, qui a visité Omiš en 1863. Ses souvenirs de voyage ont pris la forme du livre « The Eastern Shores of the Adriatic in 1863: With a Visit to Montenegro » (Cotes est de l’Adriatique en 1863 : Avec la visite du Monténégro »). Omiš a une place importante dans ses mémoires.Très bien accueillie par les autorités de la ville, la vicomtesse n’hésite pas à appeler Omiš « la plus belle des petites villes » qu’elle ait visitées. Une lithographie d’Omiš, dont le croquis fut fait par elle-même en témoigne ! Cette lithographie fut publiée dans son livre comme la seule de Dalmatie – de quatre lithographies au total !



Omiš sera visité ultérieurement par d’autres écrivains, scientifiques et rois. Cependant, pour les visites plus nombreuses et le développement du tourisme, Omiš devra attendre les fruits de la révolution industrielle. Le développement de la machine à vapeur a contribué à la construction des réseaux ferroviaires et à la mise en place des services réguliers de transport maritime. Ces facteurs ont permis le développement de la tendance de voyager de la plus vaste couche de la population. Tandis qu’il faudra presqu’un siècle que Dalmatie soit reliée au reste du monde par le train, les lignes de bateau à vapeur ne tardait pas à progresser.

C’est ainsi qu’Omiš s’est trouvé sur l’itinéraire des lignes de bateaux de voyage et de poste.Après avoir devenu lié à d’autres centres urbains dalmates, Omiš a eu besoin des hôtels. Le plus ancien hôtel d’Omiš fut Balkan, situé sur la place actuelle de Poljički trg. Bientôt Vangrad a vu ouvrir l’hôtel Dinara, qui proposait à ses clients le même confort que les hôtels des villes plus grandes.  La ligne rapide de bateau à vapeur a fait d’Omiš la destination préférée des messieurs de Split qui, avec les premiers jours de printemps, à la recherche du rafraichissement, visitaient volontiers le canyon de la rivière Cetina.



Ce fut le moment de naissance du tourisme moderne pour Omiš, bien que les visites touristiques aient été plutôt limitées et l'offre touristique réservée notamment aux fonctionnaires participant à la construction de la centrale hydroélectrique de Gubavica et pas tellement aux visiteurs à la recherche du divertissement. Quand même, cela n’a pas empêché les visionnaires d’établir en 1913 l’association dont le but était l’embellissement de la ville, appelée « Vojan », une sorte d’ancêtre des agences de voyages. Sa position presque parfaite au milieu de l’Adriatique, la proximité de toutes les îles de la Dalmatie centrale et de Split, comme le centre de la région, font d’Omiš une destination au plus grand potentiel. Sa fameuse diversité naturelle est son atout principal. Les bienfaits du climat, aux hivers doux et aux étés chauds, représentent la possibilité du tourisme pendant l’année entière aux touristes de l’intérieur froid de l’Europe.

Avec la fin de la Première Guerre Mondiale,  Omiš s’est trouvé au carrefour, en passant dans les années à venir de la ville pittoresque endormie vers la vraie destination touristique pour les visiteurs nationaux et étrangers. Il en est témoin la publication en 1929 du premier guide touristique, rédigé et illustré par l’écrivain d’Omiš, Jakov Tomasić.

 

Dans les années à venir Omiš était le lieu de construction de nombreux hôtels et pensions, dont certains, tels que l'hôtel Bellevue et Adria, étaient au niveau européen. Dans la presqu’île de Punta on a fait construire la station balnéaire municipale dont les cabines s’érigent au-dessus de l’eau, sur les piliers en bois. Dans le périmètre de seulement quelques kilomètres du centre-ville, les touristes peuvent profiter du bain dans l’eau salée ou douce, du bronzage sur les plages de sable ou de galets. Nous sommes sur le point d’envier les visiteurs d’antan qui, bercés de la beauté vierge du canyon de Cetina, pouvaient jouir du calme et du silence des plages de Rogoznica. Les agréables soirées en Omiš sont réservées à la promenade le long Fošal et au coucher du soleil sur la terrasse d’un des hôtels susmentionnés.

La ville comptait quelques orchestres qui amusaient les touristes en jouant la musique et les mélodies à la mode sur les terrasses des hôtels et des restaurants. Ceux qui voulaient éprouver la vraie ambiance méditerranéenne se rendaient aux tavernes pour prendre un verre du vin de muscat accompagné des figues sèches. Et bien sûr, pour écouter la musique des klapa, spontané et intime.



Malgré la construction de la route Split-Omiš-Makarska et nonobstant la présence de plusieurs compagnies d’autobus et de taxi dans la ville d’Omiš, le bateau à vapeur a resté le mode transport le plus attirant et le plus fiable. La construction du chemin de fer de Lika en 1925 et la mise en fonction de la ligne aérienne entre Prag et Split, qui ne fut pas de longue durée, ont fait d’Omiš la destination préféré des visiteurs de l’Europe centrale. Notamment de la Tchécoslovaquie et d’Allemagne. On chantait la composition de Max Schwarzmanoff, „Allons en Omiš, cette belle ville, quand tu y es, tu es heureux“. C'est précisément l'existence de la chanson en allemand qui fait preuve qu’elle était destinée aux visiteurs germanophones.

En plus de la réédition du guide de Tomasović en 1932, l'association de tourisme « Slavinj », en synergie avec les hôteliers particuliers, édite quelques brochures en allemand et en tchèque. Vu qu’il s’agissait des œuvres très bien rédigées, la presse quotidienne en a informé. Ce développement du tourisme précipité sera interrompu par la Seconde Guerre mondiale.





A la fin de la guerre Omiš n'avait que deux hôtels. Cependant, la tendance de croissance touristique a continué et les décennies à venir verront construire plusieurs hôtels modernes et spatiaux, dans la ville elle-même et a ses alentours.

La construction de la Route adriatique dans les années 1960 a contribué à la construction florissante des pensions de famille le long la côte et à l’augmentation du nombre de lits.Les importants travaux d'aménagement du terrain à l'embouchure de la rivière Cetina ont permis de créer la zone apte à l'ouverture de l'auto-camping. Dans le territoire de la commune d’Omiš plusieurs villages de vacances ouvriers étaient installés. En plus des visiteurs nationaux du territoire de l’ex-Yougoslavie, les visiteurs les plus nombreux restent les allemands et les tchécoslovaques. La croissance des capacités touristiques a été accompagnée du développement de l’offre touristique et de divertissement. En 1967 il a été fondé le Festival des klapa dalmates qui, pendant les trois semaines de sa durée, permet aux touristes de connaître les charmes du chant dalmate des klapa. Le canyon de Cetina a été mis en relief de nouveau, où les vieux moulins à eau et le manoir de la famille de Radman ont servi pour y aménager une localité d’excursion. Mais de nouvelles sont construites aussi, telle que « le village de pêcheurs » dans la baie de Vrulja. Les touristes de cette période-là passent leurs journées de vacances sur de nombreuses plages de galets et de sable, tandis que les chaudes soirées d’été sont remplies de la musique de danse dans les hôtels « Brzeta », « Plages » ou encore « Ruskamena ».

Hélas, l'histoire se répète dans sa forme la plus cruelle. Le succès touristique d’Omiš a été interrompu par la Guerre d'indépendance croate ayant commencé en 1991. Bien que la riviera d’Omiš n’ait pas été directement influencée par la dévastation de guerre, ses installations hôtelières principales étaient réservées aux réfugiés des parties occupées de Croatie et à ceux de Bosnie et Herzégovine. Pendant ces années bien difficiles pour la Croatie, un certain nombre de touristes d’Allemagne, d’Autriche et de Tchéquie continuait à venir en été, malgré le danger menaçant de guerre. Aux moments de la guerre, c’était un support moral important aux habitants d‘Omiš.

 A la fin de la Guerre d'indépendance croate et avec le retour massif des touristes, Omiš a repris son chemin touristique. On espère que le futur apportera encore plus de succès parce qu’Omiš n’est pas une petite ville dalmate typique.

Auteur : Čedomir Vojnović